Le Préfet de l’Oise et les veneurs interdisent des zones de forêt au public !

Le 5 octobre dernier, le Préfet de l’Oise Louis Lefranc a pris un arrêté interdisant l’accès au public à certaines zones de forêt les jours de chasse à courre.


Cet arrêté, justifié notamment par les récentes manifestations d’opposition à la vénerie, est un nouvel élément démontrant
l’arbitraire et la partialité totale de l’Etat sur cette question, alors même que 84 % des Français demandent l’abolition de cette pratique.
L’Etat, qui pourtant doit veiller à «
 faciliter l’accès à la forêt pour tous » (source ONF), plie devant les demandes des veneurs, qui vont jusqu’à leur fournir eux-même les zones à boucler (les « parties identifiées comme étant les plus probables pour l’hallali »). Rappelons que l’ « Hallali » est le terme de chasse à courre désignant la mise à mort rituelle de l’animal à l’arme blanche.

C’est maintenant tous les usagers de la forêt qui font les frais de cette obstination à protéger une pratique rejetée massivement : randonneurs, photographes, VTTistes, cavaliers, cueilleurs, coureurs de trail, simples riverains et amoureux de la nature…

La manœuvre est claire : les veneurs font appel au Préfet pour les aider à tuer à l’abri des regards, empêcher les gens d’approcher de ces scènes et les filmer, et vont jusqu’à privatiser des zones entières de forêt domaniale à cet effet.
Cela démontre la contradiction brûlante entre les tenants de cette pratique et le reste de la société. Les chasseurs à courre savent pertinemment que la vision de leur passion est insupportable aux yeux du public et n’ont comme seule solution que de se cacher, quitte à
interdire la forêt à la population.

Car qui peut être dupe des raisons invoquées en préambule de l’arrêté ?
– Les « affrontements verbaux et physiques » évoqués ont systématiquement été le fait des veneurs et de leurs suiveurs, comme le 17 mars dernier où ils ont, par leurs coups, envoyé deux personnes aux urgences. Pour simple preuve, toutes les plaintes déposées par les veneurs ont été classées sans suite. La charte d’AVA interdit toute violence, insulte ou dégradation et nos sympathisants s’y sont tenus même face aux innombrables provocations. Même lorsqu’un cerf a été noyé dans l’Aisne ou un autre tué dans un jardin de Lacroix Saint-Ouen, jamais AVA n’a fait preuve de violence.
– « 
les perturbations empêchent l’équipage de guider l’animal chassé ». Au contraire, la présence d’AVA a permis d’éviter bien des accidents, notamment de chiens errants sur les routes, ou d’intrusions de veneurs dans les villages. Les usagers de la forêt savent bien que les accidents causés par la chasse à courre sont légion, comme le 31 janvier sur la RN31 où le cerf chassé a été percuté par une voiture, ou encore le 24 novembre dernier où une joggeuse a été renversée par l’équipage, parti sans demander son reste. Les manquements au code de la route des veneurs et leur propension à créer des incidents jusque dans les villes sont justement parmi les raisons qui poussent les gens à venir gonfler les rangs d’AVA et à sortir en forêt surveiller les équipages.

La chasse à courre est une pratique inadaptée à notre époque, tant sur le plan moral que sur un plan purement technique, causant de nombreux accidents qui impactent la vie des habitants des forêts, humains comme animaux. Et pourtant, ses défenseurs se débattent envers et contre tout, tirant toutes leurs ficelles en haut lieu pour se maintenir, et n’hésitent plus à restreindre les libertés de la population dans ce but.

La chasse à courre ne peut pas monopoliser les forêts pour leur loisir d’un autre temps !

Réclamons ensemble l’abandon de cet arrêté partial et liberticide !
A bas la chasse à courre !

(document entier ici : http://www.oise.gouv.fr/content/download/52219/322121/file/20181005_RAA.pdf?fbclid=IwAR1joTeKr1PponR_3jsQVGF91JiTAUG-ROWu8V80r3SRGJGX-ntWv_hzZJE )