AVA - Abolissons la Vénerie Aujourd'hui

Tribunal d’Alençon (61) : “Noyer un cerf ? Une façon naturelle d’abréger ses souffrances.”

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Comme le rapporte le journal Ouest France, un procès fait actuellement rage entre les deux principaux équipages de chasse à courre de l’Orne, révélant les pratiques barbares des veneurs.

Au-delà des questions juridiques qu’elles soulèvent (qualification des “abois”, partage du bail de chasse, chasse sur autrui, etc.), cristallisées autour de l’usage d’un étang privé, ces séances au Tribunal d’Alençon offrent à l’assistance une démonstration complète des valeurs et des pratiques de la vénerie.
L’équipage Kermaingant et leurs concurrents du Pays de Normandie se disputent le droit d’accès à cet endroit idéal pour tuer les animaux chassés à courre, comme tous les plans d’eau. (Mise à jour du 24/11 : le Tribunal d’Alençon a condamné 3 des 7 prévenus membres de l’équipage Kermaingant à des suspensions du permis de chasser pendant 6 à 12 mois et à des amendes.)
Devant la Juge, les veneurs détaillent alors leurs pratiques à travers le récit macabre de plusieurs chasses s’étant terminées à l’étang :
« On m’a dit de le servir (achever une bête au couteau), mais je m’y suis mal pris car il avait le cœur sous l’eau, convient un chasseur. Alors je l’ai saisi par les bois pour le noyer. »
Pour pouvoir qualifier les faits dont sont accusés les chasseurs à courre, la discussion arrive rapidement à la définition de ce qu’est un cerf « aux abois » (à bout de souffle, ne pouvant plus fuir). On prend alors pour exemple cette chasse du 29 septembre 2020, où une veneuse avait tenté d’abattre un cerf au fusil dans cet étang mais l’avait raté, comme cela arrive souvent. Le cerf avait cette fois pu s’enfuir.
– Donc, il n’était pas si aux abois que ça, interroge la juge.
– Si, d’ailleurs on l’a retrouvé 400 m plus loin, indique un chasseur.
– Non, il a ensuite couru 3 km, il n’était pas épuisé, rétorquent les deux inspecteurs de l’Office Français de la Biodiversité.
Mais les veneurs n’en démordent pas, et dévoilent toute leur expertise des animaux sauvages et de leur « métier ». Un Pauvre cerf qu’ils ont noyé lors d’une autre chasse était bien aux abois car « ça se voyait à ses fesses surélevées dans l’eau ! ».
Lors d’une autre chasse, le cerf est mort, noyé par les chiens.
– Noyer un cerf, c’est autorisé ? demande la Procureure
– Oui Madame c’est naturel, c’est une façon d’abréger ses souffrances, répond un prévenu.
La seule conclusion qui s’impose au vu de cet étalage de brutalité et de cynisme est la suivante : c’est cette pratique absolument barbare qui devrait être en procès !
De plus en plus de personnes s’élèvent contre la chasse à courre, dans toute la France, et bien sûr dans l’Orne.
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