#TRAQUÉS 4 – LE CHEVREUIL (📾 par Gaetan Martin)

đŸŠŒđŸ–Œ Le chevreuil fait partie de la mĂȘme famille que le cerf (cervidae) mais est bien plus petit et lĂ©ger : il dĂ©passe rarement les 25 kg et 75 cm au garrot. Ses bois sont eux aussi plus petits.
La chevrette vit avec les chevrillards nĂ©s dans l’annĂ©e, selon un mode assez matriarcal, le brocard (mĂąle) pouvant venir se rajouter au petit groupe. Curieux et craintif, le chevreuil peut aboyer pour signaler une prĂ©sence dangereuse ou imposer sa domination face Ă  un concurrent en pĂ©riode de rut.
Face à l’homme il choisira toujours la fuite. Il peut atteindre une vitesse de pointe de 98 km/h !
L’agrainage (qui consiste Ă  nourrir volontairement les animaux forestiers pour les concentrer en des endroits prĂ©cis) et l’absence de prĂ©dateurs naturels ont beaucoup favorisĂ© cette espĂšce Ă  devenir le mammifĂšre herbivore sauvage le plus commun en forĂȘt.

📯🗡 Les veneurs se vantent de tuer prĂšs de 1200 de ces animaux par an, toujours de leur maniĂšre trĂšs codifiĂ©e. Selon certains experts, il est par exemple prĂ©fĂ©rable de lancer la meute sur un couple, et, une fois sĂ©parĂ©, de continuer la chasse sur l’un des deux sans distinction.
RattrapĂ© au bout de quelques heures, il meurt le plus souvent Ă©gorgĂ© par les crocs des chiens avant qu’un humain n’arrive sur les lieux.
Dans son journal, un veneur du XIXĂšme siĂšcle racontait le plaisir ressenti en ces mots :
« DĂ©cembre : tout un mois passĂ© […] la vie affluant au visage et nous bourdonnant aux tempes, tantĂŽt fourrant les mains dans le sang tiĂšde et la curĂ©e chaude d’un chevreuil : un mois oĂč nous tĂąchons de nous redonner de la santĂ© bestiale de la campagne. »
Le marquis Pierre de RouĂ€lle, prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© de VĂ©nerie, est lui mĂȘme un « amateur » du chevreuil, ou en tous cas du spectacle de sa mort. Avec 88 Ă©quipages encore actifs aujourd’hui, c’est une des vĂ©neries les plus communes.