La ligne AVA

En mars 2017, AVA n’était encore qu’une bande d’amis déterminés, aux méthodes artisanales. Nous sommes aujourd’hui une organisation nationale regroupant plusieurs centaines de personnes. Mais la méthode AVA, sa ligne générale, reste la même et chacune de nos victoires vient rappeler sa justesse.
La tenue d’un premier congrès le 21 octobre 2018 a permis de mettre sur papier un bon nombre d’éléments qui constituent ce qu’on pourrait appeler une “identité AVA” : la Charte bien-sûr, et donc cette fameuse ligne.
Comme toute chose a une part d’universel, nous la publions ici, en espérant qu’elle puisse inspirer de nouvelles initiatives partout en France.


Non-partisan ou apolitique ?
AVA accueille des sympathisants de tous les partis politiques, sans leur demander au préalable leur appartenance. A eux ensuite de faire pression sur leur direction pour qu’elles prennent position au sujet de la vénerie, d’observer le résultat, et d’en prendre acte.
AVA est donc catégoriquement non-partisan, mais pas « apolitique » dans le sens où le collectif prend part à la vie du pays, à un mouvement historique général et réclame un changement dans la loi. Ses membres sont attentifs aux problèmes de société et prennent garde à ne laisser se développer en leur sein aucune forme de discrimination ou d’injustice quelle qu’elle soit. Les valeurs défendues par AVA sur le terrain et dans ses documents, tant sur le plan de la vision de la Nature que des rapports sociaux sont suffisamment éloquentes en soi.
Évitons simplement d’être récupérés ou catalogués, et de se diviser sur des points extérieurs à notre combat.

Concentration des forces. Si AVA mobilise efficacement la population, c’est parce que nous proposons une solution concrète à un problème concret du quotidien, et parce que nous nous y tenons. Le monde de la chasse dans son ensemble est très présent dans les campagnes et c’est un mastodonte qui a de quoi intimider. Chacun a des chasseurs parmi ses voisins, ses collègues (voire ses supérieurs hiérarchiques) ou dans son entourage. Les gens ont souvent peur des luttes « anti-chasse » car cela engage contre un ennemi connu comme dangereux, violent, omniprésent et qui a pignon sur rue dans les institutions. Mais quand la Fédération des Chasseurs tente de mobiliser ses membres en défense de la vénerie, c’est à grand mal, car celle-ci est un repoussoir absolu pour tout le monde, chasseurs y compris.
Notons aussi qu’AVA n’est pas simplement un collectif de protection animale : pour beaucoup, la chasse à courre porte en elle une question sociale, une question culturelle, une question de civilisation. L’engouement populaire pour AVA s’explique par un besoin d’engagement en faveur de la Nature et du progrès dans nos campagnes et les zones péri-urbaines, où tout semble étouffé. En ce sens, AVA est un creuset de rencontres positives, et de ces rencontres peuvent naître des initiatives tous azimuts. Chaque sympathisant peut aussi librement agir, créer ou adhérer à d’autres groupes en parallèle. Mais il est important qu’AVA demeure un outil concentré sur un rôle concret et bien défini : la fin de la vénerie en France.

Rapport au véganisme. Alors que certaines organisations privilégient le resserrement autour d’une « élite » sans faille, refusant même l’aide de gens sincères et dévoués, AVA privilégie la massification et la mise en branle de toute la population vers des valeurs positives.
Hors de question de diviser ou juger les sympathisants selon ce qu’ils ont dans leur assiette. Loin de nous l’idée de faire du véganisme un préalable à une quelconque participation.
C’est la présence aux côtés des animaux et l’empathie développée lors de la lutte qui favorise la prise de conscience et permet d’effectuer des choix individuels de type véganisme, et non l’inverse.


Non-violence et accessibilité. Les sorties en forêt doivent être autant de moments positifs où toute la population peut se retrouver et s’exprimer de manière pacifique. Ce ne sont pas des moments réservés à une « avant-garde » entraînée qui prendrait les choses en main au nom de tous, même si certaines personnes sont plus aguerries que d’autres. Des familles, des personnes âgées, des promeneurs de passage peuvent se joindre à AVA sans être entraînés dans une confrontation brutale.
Le respect de la vie et de la Nature sont des valeurs qui animent ces sorties, il est donc moralement inacceptable de faire preuve de violence. Au contraire, filmons, documentons et révélons au monde les comportements qui accompagnent la vénerie, sans y participer.
De plus, les interactions avec les adeptes de cette pratique (tant les suiveurs que les valets ou les cavaliers) sont contre-productives dans la course-contre-la-montre qu’est une chasse à courre. Chaque moment perdu à se disputer inutilement voit la meute s’éloigner et les chances de l’animal traqué s’amenuiser.
Les postures virilistes et aventurières propagées par certains groupes depuis les années 2000, mettant en avant cagoules et violence comme seul mode d’action « efficace », sont des fétiches illusoires. Au contraire, la massification du mouvement doit être facilitée par tous les moyens nécessaires.
Alors que les veneurs tentent par tous les moyens d’isoler les AVA en les présentant comme « terroriste », manipulant chaque détail dans ce sens, il est important que ces mensonges soient balayés d’un revers de la main par les habitants, témoins directs et acteurs du mouvement.

Construire une assise populaire, localement, partout. AVA se base sur les habitants qui connaissent et subissent la chasse à courre. Partir de leur vécu, faire remonter leurs connaissances et les centraliser, recenser les actes de résistance et les organiser, c’est le coeur d’AVA.
En terme d’efficacité, de renseignement, de connaissance de la vénerie et de la forêt, il s’agit aussi là d’un atout essentiel.
Les rassemblements à l’occasion des messes locales de la Saint-Hubert, les stands dans les brocantes, les tractages/boitages dans les lotissements, les réunions publiques sont autant de moments privilégiés pour écouter, poser des questions et construire sur une base concrète. C’est ce qui fait d’AVA un mouvement sincèrement populaire, ancré dans la vie quotidienne, et pas uniquement crédible auprès de militants animalistes, venus « sensibiliser » d’en haut.
Alors que les veneurs (et les chasseurs en général) se posent en défenseurs de la ruralité, enfermant celle-ci dans des traditions sans âge et des valeurs rétrogrades, en l’opposant aux villes au lieu d’œuvrer au rapprochement, AVA est une force concrète, née de la population même, qui repousse l’arriération et la féodalité !