“Allez Francis t’es le meilleur !” (Vieux Moulin)


Je me baladais à l’étang de l’Etot, un mercredi après-midi en janvier, soudainement j’entends des chiens hurler. Assez habituée à croiser, à entendre la chasse à courre, j’en déduis de suite que l’équipage ne doit pas être très loin. En voiture, rentrant chez moi, je n’ai d’autre choix que de ralentir, je suis presque obligée de m’arrêter, je passe en

plein milieu d’une trentaine de voitures, de camions, de 4×4, de personnes sur le bord de la route, des jumelles à la main. Je décide de m’arrêter plus loin et d’y retourner à pied, je veux voir si l’équipage entre dans Vieux-Moulin, ce qui n’est pas autorisé. Beaucoup de voitures y sont garées d’ailleurs. Les chiens et les chevaux du village sont paniqués, s’agitent, courent. Effroyable ! Je ne suis pas la seule à être affolée. Je ne pense qu’au pauvre animal qui doit être encerclé déjà ! Quelle barbarie ! Mon portable à la main, prête à filmer l’infraction, je les vois dans la forêt, à plusieurs mètres des maisons route Eugénie. Ils s’éloignent, n’entrent pas à cheval dans le village comme je l’esperais… Je reste statique, j’entends les chiens hurler, aboyer, quand je pense que Drach parle de “musique d’exception”, je n’entends que la mort moi !
Je croise quelques chiens au milieu de la route, ils sont perdus, ils ne comprennent pas ce qu’on attend d’eux. On leur crie dessus pour qu’ils aillent rejoindre le reste de la meute. Je n’y connais rien, mais je sais que c’est la fin. Je rejoins les suiveurs sur le bord de la route, je ne vois pas, pas pris mes jumelles… Mais j’écoute. Tout s’enchaine. “Ce sont les chiens qui chassent hein de toute manière, ce ne sont pas les hommes” dit un suiveur. Je filme, à ce moment là, un 4×4 arrive à toute vitesse, un homme en sort en courant, la carabine à la main, allure de héros raté, ses amis l’encouragent: “Allez Francis t’es le meilleur !”. Un coup de fusil retentit et résonne dans toute la forêt, les chiens pleurent maintenant… En dix minutes, tous étaient repartis, ils ont eu ce qu’ils voulaient.

Victoire C.